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About ZITA SWOON
Source LA LIBRE.BE
Issue/date 27/03/01
Author LAURENT HOUBRECHTS
submitted by WOLF VANPAEMEL

Please e-mail me if you can provide a translation for this text

Zita Swoon élargit sa palette de couleurs
PAR LAURENT HOEBRECHTS
Mis en ligne le 27/03/2001
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L'hyperactif Stef Kamil Carlens sort avec son groupe Zita Swoon son 5e et plus accessible album, le bigarré «Life=a sexy sanctuary»

RENCONTRE

Dans un alphabet du rock belge, curieusement, le Z de Zita Swoon suivrait directement le d de dEUS. D'abord à cause de la filiation: Stef Kamil Carlens, maître d'oeuvre de Zita Swoon, a participé aux deux premiers albums du divin collectif. Ensuite, de par le coma dans lequel est actuellement plongé dEUS (le prochain album ne devrait pas voir le jour avant 2003), Zita Swoon est devenu le représentant le plus important de la scène rock anversoise historique.

Infatigable, Zita Swoon sort ainsi ces jours-ci «Life=a sexy sanctuary», son cinquième album en cinq ans. Pour l'occasion, Stef reçoit la presse, chez lui, dans la métropole. Amusant: dans une ville où une personne sur trois croisée dans la rue vote pour le Vlaams Blok, le rendez-vous est fixé au Waalse kaai, à la Zuidpershuis, café-expo proposant des concerts de world music! «Je comprends pourquoi les gens votent pour le Blok: ils voient que pas mal de gens autour d'eux sont pauvres, et n'ont rien à perdre. Nous, dans notre monde de luxe, on a plein de choses à perdre. Alors ils ont peur. Mais cela ne va pas marcher. No way!»

Il y a de la détermination derrière l'apparente fragilité de Kamil Carlens. Une espèce de magnétisme même, un charisme que vient renforcer paradoxalement une réelle simplicité. De ce point de vue-là, la musique de Zita Swoon ressemble assez à son principal géniteur: lyrique, parfois romantique, toujours accueillante. Pour «Life=a sexy sanctuary», Stef Kamil l'a même voulue particulièrement hospitalière. Après un projet de musique pour le spectacle «Plage tattoo» des Ballets C. de la B., Zita Swoon revient donc avec son «album le plus pop» à ce jour.

Pour ce faire, fini la Nouvelle- Orléans où avait été enregistré «I paint pictures», le groupe est resté à Anvers. «L'enregistrement s'est fait dans le théâtre de Jan Fabre. C'est un tout petit théâtre, assez vieux, qui a brûlé par endroits. Ce qui fait que le moderne cohabite avec des éléments plus anciens. C'est très bizarre. On a installé la control room dans les coulisses, et on a enregistré les chansons sur la scène.»

LET'S DANCE

Surtout, eux qui sont habitués à collaborer avec l'extérieur, à multiplier les interactions (les projets de musique du film «Sunrise», Plage Tattoo, le maxi de «Disco!»,) ont voulu travailler seuls, sans producteur. «J'avais trop peur que ce soit à nouveau très compliqué, comme pour I paint pictures enregistré avec un producteur américain. Le problème est que tu te lances dans une situation super intime avec quelqu'un que tu ne connais pas. Je ne voulais pas prendre le risque. Puis je pense qu'on était prêts à mettre de côté nos ego musicaux, prêts à se concentrer sur une chanson.»

Zita Swoon a donc resserré le propos. Témoin, le premier single «Hot, hotter, hottest», petit bijou funky, qui n'est pas sans loucher du côté du «Let's dance» de Bowie. Un clin d'oeil? «Non, c'est vraiment un accident», avoue SKC, gêné. «J'avais écrit une ligne de basse et des cuivres sur synthé. Tom Pintens (NdlR: clavier, guitare,) a rallongé le son avec un delay. On s'est rendu compte seulement après que Let's dance fonctionnait aussi de cette manière.» «The Bananaqueen», «Nice», ou encore «Josiewitchgirl» participent ainsi à l'entreprise de simplification administrative: plus besoin de papiers pour les chansons de Zita, désormais disponibles au plus grand nombre. Même s'il ne faut tromper personne: le groupe ne résiste pas toujours à emprunter des chemins tortueux, parsemés de nids de poule (le baroque «People are like slamming doors»). «Cela reste excentrique, oui. Pardon, désolé», rigole SKC. Et de nous rappeler ainsi que des gens comme Captain Beefheart ou Tom Waits ont compté dans la trajectoire de SKC. «C'est vraiment une étiquette qu'on n'arrive pas à perdre. J'adore ces gens mais je ne vois vraiment pas ce qui sonne comme Beefheart dans ce disque.»

On se remémore pourtant les moments les plus chaotiques du concert au Vooruit le mois dernier. «Là je suis d'accord. La scène, c'est différent, cela doit être beaucoup plus énergique. Mais on ne se rend pas toujours compte que, bien avant de connaître Tom Waits, j'étais fan de Prince. J'adore les deux. Ce sont deux superbes artistes qui ont tous les deux un style total.» Le grand mérite de «Life=sexy sanctuary» est donc de rééquilibrer les échanges, de corriger l'image parfois trop arty du groupe et de ses influences en élargissant la palette de couleurs. Le résultat fournissant ce qui est peut-être le meilleur album de Zita Swoon à ce jour.

Zita Swoon, «Life=a sexy sanctuary». En concert aux Halles de Schaerbeek les 5 et 6 avril. Le site officiel est une vraie réussit

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